Anaïs Benguigui est une artiste française issue de deux familles exilées – un père juif d’Algérie et une mère Guadeloupénne-Viêtnamienne. Elle développe une pratique de la peinture figurative sur grands formats. Puisant la matière première de son travail dans les photos prises chaque jour sur son téléphone, elle fait émerger la complexité des mouvements intérieurs de ses sujets dans la banalité des moments du quotidien.
L’expérience d’un monde fait d’humanités plurielles entrant en relation est essentielle à sa pratique et à sa philosophie générale. Elle conçoit l’Être comme un flux en relation au temps, à l’espace, à l’Autre. Ces notions nourrissent à la fois son approche artistique et sa pensée globale.
Sa pratique aborde des thèmes tels que la maternité, le corps féminin, la sexualité et l’exil. Ses figures sont monumentales, pleinement conscientes de leur visibilité, et se tiennent à l’intersection de l’enfance, de la maternité, de la féminité et de l’appartenance à une communauté. Elles interpellent le spectateur par leurs mouvements internes ambivalents et leur présence complexe. Les grands formats et les fonds rouges confèrent une intensité dramatique et joyeuse à ces scènes en apparence ordinaires. À travers des couleurs vives, contrastées et une atmosphère émotionnelle débordante, elle invite le spectateur, souvent dans une posture de voyeur, à pénétrer son espace intime à la fois riche et troublant.
Anaïs Benguigui a recours à de larges aplats de couleurs pures qui coexistent, et revendique un art fondé sur l’émotion. Par là, elle assume une volonté de représentation de figures féminines puissantes dans leurs corps comme dans leurs tourments, qu’elle interprète d’après son expérience personnelle.